Photographie artistique : Ce que vous ne voyez pas derrière une image
Lorsque l'on regarde une photographie, on imagine pas forcément derrière tout le travail qui a été nécéssaire pour réaliser cette image.
Pourtant cette série d’images à demandé pas mal de travail pour obtenir le résultat souhaité.
Être photographe aujourd'hui, ce n'est plus seulement savoir faire une belle photo
Il y a encore quelques décennies, être photographe professionnel signifiait avant tout être un excellent technicien. Il fallait savoir mesurer la lumière, choisir la bonne exposition, développer un film, réaliser un tirage de qualité et maîtriser l'ensemble de la chaîne photographique.
L'arrivée du numérique et des smartphone a profondément transformé notre métier.
Pour autant, je suis convaincu que la technique n'a jamais été aussi importante. Elle reste le socle sur lequel repose toute photographie réussie. La différence, c'est qu'elle n'est plus suffisante à elle seule.
Aujourd'hui, les personnes qui recherche un photographe ne recherchent pas uniquement quelqu'un capable de réaliser une image correctement exposée. Elles cherchent aussi un regard, une sensibilité, une façon de raconter quelque chose avec la lumière.
Le photographe est devenu, selon les projets, directeur artistique, styliste, éclairagiste, retoucheur ou encore metteur en scène. Son rôle ne consiste plus uniquement à photographier ce qui se trouve devant lui, mais à imaginer une image avant même qu'elle n'existe.
C'est précisément pour cette raison que je consacre une partie de mon temps à des projets créatifs.
Des projets qui ne rapportent presque rien... sauf l'essentiel
Si je raisonnais uniquement en termes de rentabilité, je ne réaliserais probablement jamais ce type de projet.
Entre l'achat du matériel, les nombreux échanges en amont, les reports de date, l'organisation de la séance, les heures de prise de vue et le temps passé devant l'ordinateur, le coût est largement supérieur à ce que ces projets rapportent financièrement.
Mais ce serait une erreur de les évaluer uniquement sous cet angle.
Ces projets sont, pour moi, une véritable respiration. Ils me permettent d'explorer des idées que je ne pourrais pas forcément proposer lors d'une séance classique, de travailler avec d'autres professionnels, d'expérimenter des techniques d'éclairage différentes et, surtout, de continuer à apprendre… et enfin et surtout c’est fun à faire. On s’amuse beaucoup.
Ils sont aussi l'occasion de faire de belles rencontres. Certaines personnes croisées lors d'un projet créatif deviennent ensuite des partenaires sur d'autres réalisations ou, tout simplement, des personnes avec lesquelles j'ai plaisir à continuer d'échanger.
Je ne réalise donc pas ces projets pour accumuler des « j'aime » sur Facebook ou Instagram, ni pour rechercher une quelconque reconnaissance. Bien sûr, cela fait toujours plaisir lorsqu'une image est appréciée, mais ce n'est jamais ce qui déclenche l'envie de créer.
Ce qui me motive, c'est le chemin parcouru entre une idée et l'image finale. C'est tout ce que l'on apprend en cours de route, les difficultés auxquelles il faut faire face, les solutions que l'on invente, les imprévus que l'on transforme parfois en opportunités.
Et, contrairement à ce que l'on pourrait croire, ils ne restent pas enfermés dans un portfolio. Tout ce que j'y découvre nourrit ensuite les séances que je réalise pour mes clients, qu'il s'agisse d'un portrait, d'une séance Accorps Parfait ou même d'une séance grossesse.
Une idée née en faisant défiler Instagram
En procrastinant sur insta, une photographie a particulièrement retenu mon attention. On y voyait simplement des strass collés sur les jambes d'un modèle.
Je me suis plutôt demandé ce que cette idée pourrait devenir si je l'intégrais à mon propre univers photographique.
Depuis maintenant plusieurs années, je développe en parallèle de mon activité une série de projets autour du corps, de la lumière et des matières. Chacun d'eux est une nouvelle occasion d'explorer une idée graphique différente.
Cette nouvelle série s'inscrivait donc naturellement dans cette démarche.
Trouver les bonnes personnes
Une idée, aussi séduisante soit-elle, ne devient jamais une photographie toute seule.
Pour ce type de projet, il faut réunir des personnes qui acceptent de consacrer bénévolement du temps à une aventure dont personne ne connaît réellement le résultat à l'avance. C'est sans doute ce que je préfère dans les projets créatifs : chacun participe parce qu'il en a envie, avec la seule ambition de construire de belles images et de s’amuser
J'ai donc publié une annonce sur Facebook et Instagram afin de savoir si certaines personnes seraient intéressées.
La première à répondre a été Marion D., maquilleuse professionnelle. Elle a tout de suite compris l'esprit du projet et m'a proposé de prendre en charge toute la partie maquillage et pose des strass. Ce qui m’a retiré une grosse épine du pied. C’est tellement agréable de bosser avec une pro qui connait son métier, l’exerce avec passion, sait comment parler à un modèle, la détendre avant la séance…
Il nous restait alors à trouver un modèle.
Une première personne, contactée par Marion, a trouvé l'idée très intéressante, mais a finalement préféré renoncer lorsque nous avons abordé la question de la nudité. De mon côté, j'ai également proposé le projet à une modèle avec laquelle j'avais déjà travaillé. Mais la diffusion des images pouvait lui poser problème
Et c'est parfaitement normal.
Quelques jours plus tard, Perrine s'est proposée pour participer au projet.
C’était sa toute première expérience photographique .. et ça allait être un projet de nu artistique dans lequel on va poser plusieurs centaines de strass ( plus de 800) . On peut difficilement faire plus original comme première séance.
Je trouve encore aujourd'hui que cela demandait une belle dose de confiance et de courage. Et je la remercie pour sa confiance.
Avant même de sortir l'appareil photo
Une fois l'équipe réunie, nous avons créé une conversation de groupe afin que tout soit parfaitement clair avant le jour de la séance.
Je tiens énormément à cette étape.
On y parle du projet, de son objectif, des contraintes, mais aussi de tout ce qui pourrait susciter une interrogation ou une hésitation. C’est aussi un premier contact pour faire connaissance les uns avec les autres ( avant la séance nous ne nous étions jamais rencontrés)
Dans notre cas, il fallait évidemment évoquer la nudité, expliquer que les photographies seraient diffusées, préciser qu'une vidéo backstage serait réalisée et rappeler que Marion serait amenée à toucher le corps du Perrine afin de poser les strass.
Cela peut sembler évident, mais je préfère toujours que ces sujets soient abordés calmement avant la séance plutôt qu'au dernier moment.
Le consentement ne se résume pas à une signature sur un document. C'est un dialogue permanent. Il doit être libre, éclairé et surtout pouvoir être remis en question à n'importe quel moment.
Une fois ces différents points validés, nous avons commencé à réfléchir au rendu visuel.
Marion à opté pour un maquillage très discret. Les véritables vedettes de cette série devaient rester les bijoux et la lumière. Le maquillage ne devait pas attirer le regard, mais accompagner l'ensemble avec douceur. Pour les cheveux, nous avons en revanche opté pour un effet mouillé qui apportait une texture supplémentaire et renforçait l'aspect graphique des images.
Quatre mois d'attente
Entre le moment où l'idée est née et celui où nous avons enfin pu réaliser la séance, près de quatre mois se sont écoulés.
Le projet a dû être reporté à deux reprises en raison de problèmes de santé.
ces reports font presque partie intégrante des projets personnels. Ils demandent de la patience, de l'organisation et une certaine capacité à accepter que tout ne se déroule pas comme prévu. Il s’agit de projet que l’on fait sur notre temps libre a coté de notre activité pro, de notre vie de famille etc etc.
Finalement, le jour où nous nous sommes retrouvés, personne n'avait perdu son enthousiasme.
Une surprise dès les premières heures
Nous nous étions donné rendez-vous à huit heures du matin.
Notre estimation était simple : il faudrait probablement deux heures et demie, voire trois heures, pour poser les centaines de strass sur le corps du modèle.
Mais à notre grande surprise, une heure a suffi pour terminer toute la partie avant du corps de la tâte aux pieds.
Nous avons alors pris la décision, avec l’accord de Perrine de poursuivre sur l’arrière du corps.
Cela allé nous permettre de varier énormément les compositions et de construire une série beaucoup plus riche.
C’est aussi ce que j'aime dans les projets créatifs, m ême lorsqu'une idée est préparée, il reste toujours une place pour l'improvisation.
Photographier la lumière plutôt que les strass
Une fois le maquillage terminé, la séance pouvait enfin commencer.
Curieusement, ce qui m'inquiétait le plus n'était pas la direction du modèle ou la composition des images.
C'était la lumière.
Les strass sont de petits miroirs. Ils peuvent produire un effet spectaculaire... ou devenir totalement invisibles si l'éclairage n'est pas adapté. Une lumière trop frontale les rend plats. Toute la difficulté consistait à trouver le bon équilibre.
J’ai donc choisi un éclairage relativement latéral, capable de créer une multitude de micro-reflets.
Lorsque je montre cette série, certaines personnes me demandent si j'avais préparé un moodboard ou réalisé des croquis avant la séance.
La réponse est non.
L'idée générale était présente depuis plusieurs semaines, mais je n'avais dessiné aucune photographie à l'avance.
Avec l'expérience, je sais dirigé un modèle en fonction des images que j’avais en tête avant la séance.
Bien sûr, cela ne signifie pas que tout est improvisé. Les choix de lumière, le fond noir, le matériel ou encore les objectifs sont réfléchis. En revanche, les poses, les cadrages et parfois même certaines idées apparaissent au fil de la séance.
C'est un peu comme une conversation.
On part avec un sujet précis, puis les échanges ouvrent des portes auxquelles personne n'avait pensé.
La première séance photo de Perrine
Il ne faut pas oublier un détail Perrine n'avait jamais posé auparavant.
Comme beaucoup de personnes qui découvrent la photographie, elle ne savait pas toujours quoi faire de ses mains, de son regard ou de son corps. C'est une réaction parfaitement normale.
Contrairement à ce que l'on imagine souvent, savoir poser n'est pas quelque chose d'inné.
C'est justement l'une de mes missions pendant une séance. Vous guider vous expliquer comment poser, comment orienter votre regard, la position de vos mains.. etc etc
Petit à petit, les gestes deviennent plus naturels et les hésitations disparaissent.
La retouche fait partie de la photographie
Une fois la séance terminée, une autre étape commençait. Choisir les photos ( j’en voulais une quinzaine sur les 340 photos réalisées ce jour là)
La retouche.
C'est un sujet qui suscite parfois des débats, comme si une photographie devait sortir parfaite directement de l'appareil.
Je ne partage pas cette vision.
Pour moi, la retouche fait partie intégrante du processus créatif, au même titre que le choix de l'objectif ou de l'éclairage.
En revanche, il existe une frontière que je ne souhaite pas franchir.
Je ne transforme pas les personnes.
Je ne modifie pas leur silhouette.
Je ne cherche pas à fabriquer un corps qui n'existe pas.
Le travail réalisé sur cette série consiste essentiellement à renforcer ce que la prise de vue a déjà créé : affiner les couleurs, accentuer certains micro-contrastes, équilibrer les tonalités et donner davantage de profondeur aux reflets.
Chaque photographie m'a demandé environ trente minutes de travail.
Le corps n'est pas le sujet
En voyant ces images, certaines personnes pourraient penser que cette série parle de nudité.
Je crois que c'est précisément l'inverse.
Le corps est bien présent, mais il devient presque secondaire.
Ce qui m'intéresse ici, ce sont les lignes, les volumes, les rythmes créés par les centaines de strass et la manière dont ils dialoguent avec la lumière. La recherche graphique et esthétique
C'est sans doute la raison pour laquelle je parle rarement de photographie de nu.
La nudité n'est donc pas le sujet de cette sérient la finalité, elle est simplement nécessaire pour la réalisation de cette série.
Une création collective
Même si les photographies portent ma signature, je ne considère pas que cette série soit le fruit du travail d'une seule personne.
Sans Perrine, il n'y aurait tout simplement pas eu de modèle.
Sans Marion, il n'y aurait pas eu ce travail minutieux de plusieurs centaines de strass, ni cette atmosphère bienveillante qui a accompagné toute la matinée.
J'ai souvent l'impression que l'on attribue presque automatiquement une photographie à celui qui tient l'appareil. Pourtant, certaines images n'existeraient jamais sans toutes les personnes qui travaillent à sa réalisation .
C'est la raison pour laquelle, si des tirages d'art de cette série devaient être vendus un jour, je souhaite que les bénéfices, une fois les frais de fabrication et les obligations fiscales déduits, soient répartis de manière équitable entre nous trois.
Ce choix peut surprendre.
Traditionnellement, le photographe perçoit la plus grande partie de la rémunération. Mais ici, cela ne me semblerait pas juste.
Une création comme celle-ci repose sur la confiance du modèle, sur le savoir-faire de la maquilleuse et sur mon travail photographique. Retirer l'un de ces trois éléments reviendrait à faire disparaître toute la série.
Il me paraît donc naturel que chacun soit reconnu à la même hauteur.
Les coulisses en vidéo
Tout au long de cette matinée, nous avons également filmé quelques séquences afin de conserver une trace de cette aventure.
Cette vidéo backstage montre la pose des strass, les échanges entre nous, les moments de réflexion, mais aussi l'ambiance détendue qui a accompagné toute la séance.
Elle n'a pas été réalisée avec une ambition cinématographique. Mon métier est photographe, pas vidéaste. Voyez-la plutôt comme un petit truc en plus, sympa à regarder mais sans aucune prétention.
Mes remerciements
Je tiens à remercier chaleureusement Marion D., maquilleuse professionnelle, sans qui ce projet n'aurait probablement jamais vu le jour.
Son travail ne s'est pas limité à poser des strass pendant plusieurs heures. Elle a participé aux échanges préparatoires, proposé des idées, veillé au confort du modèle tout au long de la séance et contribué à créer une ambiance de travail sereine et bienveillante.
Voici son instagram, n’hésiter pas à la suivre : https://www.instagram.com/mariond_maquillage/
Je remercie également Perrine pour la confiance qu'elle nous a accordée.
Accepter de participer à une première séance photo est déjà une démarche qui demande une certaine confiance. Accepter qu'il s'agisse d'un projet de nu artistique, qui nécessité un maquillage long c’est encore plus fort.
Je suis très heureux qu'elle ait accepté de nous accompagner dans cette aventure. Elle a juste été parfaite
Ces idées peuvent-elles être adaptées à d'autres séances ?
Oui, bien sûr. L'objectif n'est pas de reproduire exactement cette série, mais certaines techniques, certains jeux de lumière ou certains éléments esthétiques peuvent parfaitement inspirer des portraits ou des séances grossesse.
Vous avez des questions ou des remarques sur cette séance n’hésitez pas à me conctacter (via le formulaire de contact de mon site internet ) pour en discuter.
Vous avez besoin d’une make-up de talent n’hésitez pas à contacter Perrine ( vous trouverez son insta dans cet article mais aussi dans la partie partenaire de mon site internet )
Vous souhaitez en savoir plus sur mon univers artistique, n’hésitez pas à aller visiter ma page sur mon site consacrée à mon travail personnel : https://www.studio-photo-accorps-parfait.fr/nouvelle-page-2